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Nouvelle lecture et découverte pour cette édition de Janvier 2017 des 68 Premières Fois, merci aux Editions JC Lattès et à cette superbe équipe des 68...

Résumé éditeurs :

« Ne parle pas aux inconnus », c’est ce que Camille entend depuis l’enfance. Elle ne rêve pourtant que d’aller voir ailleurs. N’importe où plutôt que ce canapé qui menace de l’engloutir comme il engloutit déjà les kilos de sa mère, campée devant la télé. Camille vit dans un pavillon neuf, c’est joli “pavillon”, à une lettre près ça s’envole sauf que sa famille n’est pas du genre à papillonner.
Perchée sur la pointe des pieds, Camille cherche une issue. Elle regarde au-delà des fumées d’usine, au-delà du Rhin, là où Eva se cache, peut-être. Depuis que son amoureuse polonaise a disparu, Camille a la nausée. Un pied dans l’enfance, un autre dans l’âge adulte, ça fout le vertige, surtout quand plus personne ne vous tient la main.
Au bord du vide, elle décide de faire le grand saut et de prendre la route, pouce en l’air, vers l’est et cet inconnu qu’on lui défend d’embrasser. D’Allemagne en Serbie, de Roumanie en Hongrie, elle va, au fil des rencontres, mettre ses peurs à la porte et interroger le lointain et le proche.
Un voyage dans l’inconnu au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Qui sont vraiment les étrangers autour de nous ? Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Comment devenir adulte sans abandonner l’enfant en nous ?
Et si la famille était la plus grande inconnue ?

Avis et commentaires :

Un livre d'une grande qualité à plus d'un titre ; d'abord pour la personnalité de sa narratrice ; Camille, une jeune fille, nouvellement bachelière prisonnière d'une famille exclusive aux perspectives étroites, amoureuse d'Eva, jeune chanteuse fantasque et supposée infidèle, le tout dans une région que je connais bien puisque étant la mienne.

Frustrée, amoureuse déçue, soumise à des diktats familiaux que nous connaissons bien et reprise dans le titre de son roman, Camille va se lancer dans une sorte de fugue à travers l'Europe Centrale, loin d'un horizon trop étroit avec comme prétexte ; celui d'y suivre et d'y retrouver Eva mais sans aucune adresse ou certitude. Sans en informer réellement les siens, ce sera pour elle une sorte de parcours initiatique, une succession de rencontres hasardeuses mais heureuses, accueillies dans des familles ou chez des amis, une ouverture d'esprit en quelque sorte. Partie d'un monde de fragiles certitudes, soumise aux incantations et aux interdits familiaux, d'un cadre et d'un univers très fermé et cloisonné. Parcours sensible, partages de moments rares et intimes avec de parfaits inconnus mais suffisamment forts pour apprécier le milieu qu'elle a quitté.

Bien sûr en espèce, on pourrait s'attendre à une gentille histoire qui se termine bien mais c'est le talent de l'auteure que de nous faire vivre les sentiments profonds d'Eva, ses interrogations mais aussi la géographie des sentiments de celles et ceux qui vont lui permettre de grandir et d'assurer sa sécurité et de lui transmettre les repères perdus. Grande sensibilité encore dans la description d'un cadre familial trop étroit et la connaissance des turpitudes d'une jeune femme atypique.

C'est bien écrit et rendu.

Tag(s) : #Les 68 premières fois

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