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Un grand merci à Babelio pour cette découverte d'une opération Masse Critique.

Un pièce de théatre traduit de l'espagnol par Edouard Pons.

Quatrième de couverture

Quatre personnages solitaires orchestrent un fait divers plutôt sordide : une urne funéraire, contenant les cendres d’un père, laissée un moment sur le trottoir par la famille, disparaît. Le voleur, qui pensait s’emparer d’un vase de valeur, s’en débarrasse en la jetant dans une benne à vêtements. Un agent d’entretien de l’entreprise de collecte, chargé de s’en défaire croit bien faire en dispersant les cendres du haut de son immeuble, pour offrir « une fin digne » au défunt. La famille en émoi recherche l’urne et placarde des affichettes. Le voleur et l’agent d’entretien finissent par lui remettre, chacun de leur côté, de « fausses » cendres, qui seront mêlées, puis dispersées, comme prévu, dans un vaste champ couvert de neige, horizon de tous les possibles, du renouvellement, de la continuité. Ce voyage inattendu fait affleurer les conflits familiaux, les attachements, la douleur silencieuse, et l’atavisme qui nous façonne. Ces minuscules vies sont ballottées par de petits échecs quotidiens, toujours en fuite sans savoir vraiment où ni pourquoi. « Sommes-nous autre chose que des cendres ? », se demande l’un d’eux – mais ils entendent désormais, tenir debout, prendre le risque d’exister.

Avis et commentaires :

Une thématique particulière c'est ce qui m'avait incité à tenter ma chance sur cette opération Masse Critique et un choix que je ne regrette absolument pas.

En effet centrer son écriture autour du vol d'une urne funéraire contenant des semblait une gageure. Et pourtant par ce biais, Javier Vicedo Alos va nous plonger dans les états d'âme et les vies si différentes de 4 personnages qui vont voir leur destin basculer ou changer de direction de manière radicale.

Un mois après la crémation de leur père, ses enfants se chargent de respecter ses dernières volontés et de répandre ses cendres à Torremolinos, lieu où  cet homme a vraisemblablement connu ses plus beaux moments. C'est en chargeant leur véhicule pour ce dernier voyage que l'urne disparaît avec les cendres au désarroi des siens. Nous voilà alors embarqué dans une série de portraits et de pensées complexes et variées chez les principaux antagonistes de cette pièce.

Vies minuscules, destins sordides ou un quotidien accablant, ce sont les élements qui tissent les liens involontaires entre les membres de la famille du défunt (une soeur et son frère), le voleur de l'urne qui en ignorait le contenu n'y ayant vu qu'un moyen de profit dans sa vente, et celui qui la récupère dans une benne à ordures. 

C'est avec fluidité que l'auteur nous fait pénétrer dans les esprits des protagonistes, leur parcours de vie souvent chaotiques ou en rupture avec leur famille. Réflexions croisées entre les souvenirs d'enfance des enfants du défunt, du voleur et de l'agent d'entretien qui à leur manière vont trouver dans la gestion de cette urne le coup de dé du destin qui leur permet de se ré-orienter. 

Qui sommes-nous vraiment ? que sont ces cendres ? les douleurs de chacun sont de nature différente, le voyage, alors de cette urne, de son contenu et les nouveaux paris de chacun constitue autanr de visions de nos vies, destins, échanges familliaux...

C'est fort en poésie, de réflexions à la fois existentielles et spirituelles, un langage chois et fluide. Une pièce dont la lecture nous offre un moment de réflexion et de retour sur soi. Une belle découverte en fait en moins de 70 pages.

 

Tag(s) : #massecritique, #théatrecontemporainespagnol, #@actualitéeditions
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