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Quand le requin dort

 

Résumé du livre

Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l'étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable... Une liaison qu'elle cache à sa famille, où pourtant on parle d'amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n'arrive pas à décider s'il existe ou pas. Plutôt qu'à lui, autant s'en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l'existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d'un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d'en sortir quand il dort...

 

Avis et commentaires :

"Mal de Pierre" a été mon premier livre de cetta auteure sarde et ce fut à l'image de nombreux autres passionnés de lectures, une superbe surprise. Fort de cette impression, je me suis empressé de choisir dans ma médiathéque un second. Et là c'est toujours la même joie de lecteur, quelle belle écriture, cette chronique familliale.

Nouvelle chronique d'une famille sarde ; les Sevilla - Mendoza, famille atypique marquée par le mal être, les non dits, abonnée au malheur mais que le noyau famillial permet de consoler et de relancer chacun.

La narratrice, à peine adulte, avec un physique qu'elle juge ingrat, jalouse et admirative de sa tante, sous le coup d'une relation sado - maso par rejet d'elle et sa certitude qu'elle ne peut pas être heureuse, raconte son parcours malheureux et surtout les turpitudes des siens. Un père, mécanicien de belle prestance, farouche volontaire des ONG et du malheur du monde ailleurs et particulièrement celui de l'Anérique Latine mais totalement inadapté aux malheurs des siens, une mère peintre avec un véritable mal être qui la poussera au pire, un frère pianiste de génie mais totalement autiste au monde extérieur, une victime de ses petits camarades, une tante qui se donne à chaque histoire amoureuse mais se retrouve à chaque fois abandonnée par ses conquêtes, une grand mère qui essaie de gérer au mieux cette famille désespérante....

Tout cela est décrit sans concession, avec tendresse, le malheur sentimental et sexuel de la narratrice et de sa tante bien aimée comme cette incompatibilité à vivre en société symbolisé par le requin du titre du roman... Une écriture élaborée, beaucoup d'humour, des chapîtres courts et passionnant.

Cette famille, la narratrice, on a vraiment envie de les aider, de les prendre sous son aile pour un bout de chemin ou tout simplement pour les secouer... On l'aime.

Merci à l'auteure de ce bonheur de lecture si rare....

Tag(s) : #Mes critiques de livre lus

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