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Partage lecture

Un grand merci aux Editions Points ainsi qu'à Partage Lecture de m'avoir fait découvrir un nouvel auteur dans le cadre d'un partenariat.

352 pages 

Paru le 17/02/2011 
EAN : 9782757821794 

Quatrième de Couverture :

Katherine, jeune veuve, deux adolescents à élever, et Yung, épicier chinois, mènent des vies grises de devoirs et d’obligations. Un regard, un frôlement, un frisson, et la passionles emporte. Ivres de ravissement, ils en oublient que leur amour est interdit. Dans cette société blanche et patriarcale de Nouvelle-Zélande des années 1910-1920, ils paieront le prix fort…

Alison Wong est née en 1960 en Nouvelle-Zélande. Les Amants papillons est son premier roman, il a obtenu le prix Janet-Frame (récompensant un auteur de fiction néo-zélandais) en 2009.

 

Avis et commentaires :

Premier roman originaire de Nouvelle Zélande qui me soit donné de découvrir combinant à la fois l'Histoire (Première Guerre Mondiale, bouleversement politique chinois) le récit de moeurs, une partie d'une histoire familiale tant du point de vue des anglais (alors colonisateur) que chinois (une des plus fortes communautés chinoises de ce pays à cette époque).

Fort documentée, alternant vérités historiques et les origines de sa famille, Alison Wong tente, avec un certain brio, de nous faire découvrir un pan de l'histoire de la Nouvelle Zélande, avant son indépendance. Elle passe de ce pays et de Wellington à la Chine pour cadrer son récit. Dans les descriptions des paysages, des modes de fonctionnement culturel de cette société britannique coloniale, de la culture chinoise, d'une esquisse du peuple maori, Alison Wong sait se montrer particulièrement locace et son écriture est véritablement évocatrice m'a amené, par moment, à être totalement dépaysé.

Plus qu'une histoire secrète d'amour entre une jeune veuve anglaise et un marchand chinois, ce sont les destins des communautés  que ces personnages représentent, les différences culturelles de chacun, le racisme éprouvé à l'égard des chinois à cette époque, la Première Guerre Mondiale qui se profile, les profonds bouleversements politiques de la Chine et les déchirements dans les familles de chacun des deux personnages, un ensemble donc qui fait la richesse et l'intérêt de ce livre.

L'approche des personnages est importante et détaillée, entre Katherine mariée en premier lieu à un journaliste d'une presse très bas de gamme, reflet des haines et mépris de la communauté chinoise, l'inculquant à ses enfants et plus particulièrement à son fils Robbie, et Yung, l'épicier chinois émigré pour faire vivre sa famille laissée au pays, il ne devrait pas y avoir beaucoup d'occasions de se rencontrer et de s'aimer. C'est pourtant ce qui va se passer et cette histoire aura de terribles conséquences pour les deux héros.

C'est une galerie de portraits de l'époque à laquelle nous avons aussi droit, les enfants de Katherine, Robbie le garçon et Edie la fille, vont vivre de manière différente la disparition stupide de leur père (ivre il se noit) et trouver ailleurs les images référentes et paternelles, en l'absence d'une certaine autorité et tendresse maternelle ; pour Edie ce sera deux images du féminisme (le Docteur Agnès Bennett, première femme médecin de Nouvelle Zélande qui lui donnera sa vocation et Mme Newman) et pour Robbie ce sera les copains et la poursuite du chemin tracé par son père, dans son refus d'une relation entre blanc et chinois jusqu'à l'excés puis l'engagement sur le front européen. C'est aussi le portrait de Lionel Terry, écrivain mais surtout raciste primaire à l'égard de tout ce qui n'est pas blanc (maori, chinois) allant jusqu'au bout de l'ignominie dans l'assassinat revendiqué de Kum-Yung parce qu'il représentait la communauté chinoise. Il sera aussi une des figures symboliques pour Robbie, après avois susciter l'admiration sans borne de son père et surtout, le symbole d'une communauté blanche assez proche de ses opinions qui le jugea avec clémence.

La forte communauté chinoise de Wellington est aussi très représentative des évènements de leur patrie originelle, entre respect des traditions millénaires (mariage et concubine) et rejet du pouvoir impérial avec la naissance et le soutien à Sun Yat Sen, chef militaire chinois à la tête du mouvement du renversement de l'impératrice. C'est aussi son portrait et son déchirement que l'on suit et qui dans une certaine mesure, va nuire à l'amour entre Katherine (totalement inconsciente de ces changements comme de la culture chinoise) et Yung (partisan de ces changements au pays) par incompréhension réciproque.

Un bon livre, bien écrit, les seules réserves que j'ai pu rencontrées portaient sur le grand nombre de personnages de la communauté chinoise du livre que j'avais parfois tendance à mélanger ou à ne pas situer.

Note globale : 7, 5 / 10

Tag(s) : #Mes critiques de livre lus

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