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Quatrième de couverture :

 

Le reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...

-Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.

Il fit une pause et ajouta :

- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.

Je le regardai. Il dit sèchement :

-  Vous avez l'air effaré. Pourtant l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.

- Neil, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi....

 

Avis et commentaires :

 

 A la fin de la lecture de ce livre, je suis tenté de "rebondir" sur la dernière phrase reprise sur la quatrième de couverture en disant "pas nous".

 

Ce portrait de plus 370 pages est un chef d'œuvre glaçant, le portrait d'un très haut fonctionnaire du génocide et du crime contre l'humanité (notion pénale qu'a crée ce massacre organisé, cette épuration), ne considérant sa mission de mise en place des camps de concentration voulus par Hitler et les nazis, que sur le seul aspect technique, rentable et la crainte de ne pas entrer dans les chiffres et les objectifs attendus. 

 

Le parcours typique de ces milliers d'allemands qui idolâtrèrent Hitler, celui d'un homme (cette simple notion soulève le cœur appliqué à Rudolf le principal personnage de ce livre), orientés dés la naissance par leur parent (profondément heurtés dans la chute de l'infaillibilité de leur nation à l'issue de la première guerre mondiale) et profondément revanchards et haineux.

 

Une famille menée à la baguette (au fouet devrais-je dire) par un père issu d'une famille prestigieuse de militaires dont les seules motivations sont la Discipline, l'Ordre, la Religion Catholique et qui considère que son fils aîné doit payer de sa personne, la faute que lui-même a commis en France en trompant son épouse et ses valeurs avec une femme française. Un malade psychorigide qui ne pouvait que précipiter son fils Rudolf dans la face la plus sombre de ces petites mains qui portèrent Hitler au pouvoir et le suivirent aveuglement dans sa haine génocidaire.

 

Rudolf, dès l'enfance, se distingue par son côté précis dans l'exécution de toutes les tâches qu'on va lui confier. Un homme, blessé par la défaite, totalement rigide et dont l'unique attente est le respect des ordres données. L'Ordre doit régner et il n'y a pas d'autres possibilités ni alternatives.

 

Rejet de toute sociabilité, de tout sentiment humain et pour lequel l'amour des autres, d'une éventuelle femme, des autres et de soi même ne peuvent passer qu'après la réussite des tâches et ordres donnés. Il va suivre toute l'évolution du parti National Socialiste, obscur tâcheron,  puis par son implication sans siller dans les postes qu'on lui confie, un des fonctionnaires les plus zélés de la Solution Finale.

 

Un malaise permanent tout au long de ma lecture et qui perdure devant cette horreur calculée, testée et expérimentée avec succès. Un homme aussi froid, aussi décidé et que rien n'atteint dans l'horreur quotidienne des réflexions puis des mises en place de toutes les techniques d'élimination physique et porté à un niveau industriel, ne peut pas laisser indifférent, surtout quand on sait que Robert Merle s'est inspiré de faits historiques prouvés.

 

Emotions, dégoût devant un tel mépris de la vie des autres, on est ici dans la droite ligne de livres qui ont été publié par la suite comme "Les Bienveillantes". Un choc, une lecture qu'il faut compléter par celle de livres comme Primo Levi, Malaparte entre autres.

 

Un ouvrage qui devrait être obligatoirement lu dans nos écoles pour ne jamais revenir à une époque aussi inhumaine.

Tag(s) : #Mes critiques de livre lus

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