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Un partenariat original, à nouveau, entre les Editions Kyklos et le forum Partage Lecture et pour nous lecteurs un challenge, donner notre avis sur l'ensemble de ce livre sous forme d'articles de presse. Grand merci et j'espère pouvoir être à la hauteur du pari, tant mes compétitrices et compétiteurs semblent exceller en cet exercice.

 

Exercice littéraire difficile que celui de réussir à écrire un récit se voulant bref, éviter le piège de se lancer dans celui de l'écriture d'un roman et surtout rester dans l'actualité même si le genre littéraire que sont les nouvelles qui vont du quotidien au fantastique, du récit d’anecdotes à celui de vies, est probablement celui qui est le plus porteur et le plus diversifié.

 Pouvoir à la fois susciter l’intérêt de son lecteur sur des thèmes suffisamment concrets et dérouler l’intrigue sur un moment et dans un temps limité. C’est la mission que confie le CELSA à sept étudiantes et dont les œuvres sont publiées par  les Editions Kyklos , mettant en application la politique de recherches de textes  et d’auteurs originaux, dans le bon sens du mot.

Etonnant de voir dans ce recueil  le double symbolisme du chiffre Sept (souvent présent dans le genre littéraire que sont les nouvelles) et le fait que  nous n’ayons ici que des auteurs féminines (tant le genre littéraire fut longtemps masculin)

 

Exercice réussi tant l’éclectisme des genres, l’écriture variante et la plume de Sophie Dupin de Saint Cyr (« Pelure d’Oignon »), Laurence Gardella (« Salaud de Deacon, pauvre Bridget »), Justine Richard (« Espoir et Spire »), Sophie Peltier-Le Dinh (« Les Silences de Minh »), Marianne Barret (« L’Eclipse ») Clara Melot (« Pomme de Discorde ») et  Noémie Fachan (« Démon du Jeu ») nous permettent de trouver ici des histoires allant du monde réel au monde virtuel, en passant par le fantastique.

Au cœur de l’ensemble, la vie, sous toutes ses formes (joies, tristesse, quotidien) et des thèmes actuels.

 

Chaque lecteur doit pouvoir, ici,  trouver chaussure à son pied.

 

 De l’humain et du sentiment  avec  « L’éclipse »  où jamais un texte n’a été aussi proche et vrai que cette approche sensible et intimiste des réflexions et sentiments d’une jeune  femme devenue veuve accidentellement face à son deuil et sa lente ré adaptation. Un style poignant et de qualité.

Humaine avec ses accès de tragédie  encore dans « Pomme de Discorde »cette  nouvelle au sein du monde des forains avec le conflit de deux hommes autour d’une enfant et le sentiment de culpabilité mis en avant.

Du fantastico – comique avec les malheurs de Saint Expédit, dans « Salaud de Deacon, pauvre Bridget » qui, à force d’interférer dans les couples réunionnais, va déchoir.

Du réalisme avec  le thème de l’exclusion avec l’histoire de ce clochard et de sa mascotte et source de bénéfice, le lapin  Pelure d’Oignon, dont l’attachement va le plonger dans une succession d’aventures abracadabrantes et violentes qui sert Sophie Dupin de Saint – Cyr pour faire le procès d’une société sans valeur et de famille, pour le moins destructrice.

On ne peut pas, non plus, rester insensible, tant le thème de l’intégration des victimes de guerre et réfugiés politiques étrangers  à la société française et celui de la résilience restent brulants et actuels à cette histoire de Minh, réfugié vietnamien au parcours exemplaire mais tourmenté.

Retour au fantastique quotidien avec le petit texte très évocateur et très géométrique de cette famille d’agriculteur  de l’est de la France au rythme séculaire, dont le cadre de vie strictement bordé amène la fille de la famille à vouloir s’évader, tout en poésie.

La famille ou plutôt le manque de famille à l’affiche encore avec « Démon du Jeu » où la recherche d’une famille idéale, à l’écoute et aux soins de ses enfants, va pousser deux enfants à des extrémités impensables mais hélas  très en phase avec nos sociétés modernes où les univers virtuels  sur Internet font florès et font disparaître toute forme de réalisme chez nos plus jeunes enfants qui s’y réfugient.

 

Amour, famille, ,Thanos et Thanatos, résilience, violences quotidiennes et plaies de l’époque moderne, toutes les facettes et le registre des nouvelles (Maupassant, Borges, Poe…) sont à la page de ces sept nouveaux talents servi par des styles différents mais complémentaires et trempés dans une plume très sensitive et sensible. Un nouveau plaisir de lecture chez cet éditeur.

 

1 % Rentrée Litt 2011 RL2011b

Tag(s) : #Mes critiques de livre lus

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