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Un grand merci pour ce nouveau partenariat qui m'a permis de renouer avec Hugo Hamilton dont j'avais beaucoup aimé "Le Marin de Dublin".

 

Quatrième de couverture 

 

L'Allemagne nazie vit ses derniers jours. Maria fuit la capitale, tombeau de son fils Gregor. Dans la foule des réfugiés, sa main saisit celle d'un petit garçon ; elle nommera l'orphelin du nom de son enfant défunt. Cet héritage va hanter le garçon sa vie durant et le jeter sur les routes de l'Europe. Persuadé d'être juif, il quitte sa famille adoptive, en quête de ses véritables origines...

 

Avis et commentaires :

 

Nous repartons, avec cette œuvre sensible sur les racines mêmes de l'auteur entre l'Allemagne et l'Irlande et sur la traditionnelle quête identitaire qui a toujours hanté Hugo Hamilton.

 

L'histoire est inédite, nous voilà jeté sur les routes de l'Allemagne Nazie défaite, ce peuple goûtant aussi à ce qu'il fit subir au monde quelques années plus tard dans toute l'Europe, les scènes de bombardement et de longues colonnes de réfugiés avec ses drames se succèdent alors que les derniers membres de la gestapo traquent les allemands trafiquants et profiteurs (revendeurs de carburant, marché noir). C'est dans ce chaos que Maria, femme berlinoise dont le mari est prisonnier des russes, voit son fils unique tué dans le bombardement de leur immeuble.  A la limite de la folie, elle prend la route et son père lui confie un jeune garçon orphelin qu'il a recueilli. Le lui présentant comme un enfant de substitution (il a un peu près le même âge et corpulence), il lui demande de ne surtout jamais révélé cela à qui que ce soit, y-compris à son mari s'il revient de Russie avant de disparaître à jamais.

 

Voici la trame de départ, même s'il semble être trop jeune lorsque Gregor (Maria lui a donné le même prénom que son fils disparu), est recueilli par Maria, il va toute sa vie durant douter de ses origines, allant jusqu'à s'inventer une origine juive et après avoir quitté, avec pertes et fracas, sa famille adoptive, s'unir à Mara en revendiquant le fait qu'il soit orphelin et juif. Bâtissant ainsi un mensonge dans sa relation de couple puis de père à l'égard de son fils Daniel.

Cette quête va être reprise par Mara, lui pardonnant ainsi le fait qu'il lui ait caché qu'il avait un père et une mère adoptive mais rejeté par Daniel.

 

L'occasion de la récolte des pommes chez Mara, permet au lecteur, à travers les échanges, les souvenirs, les débats, de suivre l'errance, entre Irlande et Allemagne, de Gregor devenu musicien, le rapprochement de Mara avec Maria, la mère adoptive de Gregor, et du constant malaise et mal -être de chacun. Un puzzle qui se met en place tout doucement, une longue  réflexion sur l'identité ("Notre identité est la source de ces déséquilibres que nous nommons alternativement désir, adaptation, envie de connaître nos origines, volonté de laisser derrière nous telle ou telle image"), la famille et ce qui constitue son socle, l'histoire de l'Allemagne de la défaite à la chute du mur.

Gregor, en rejetant sa famille adoptive va renouveler le schéma avec son fils, autre thème développé ici, la relation Père / fils et ce qui la construit, gâcher d'une certaine façon sa propre vie, sa propre histoire ("L'histoire est une question à laquelle nous ne cessons jamais d'essayer de répondre"

 

Un livre si riche en questionnements et avec une thématique si sensible que j'ai suspendu, toute autre lecture en simultanée pour m'en imprégner. 

Tag(s) : #Mes critiques de livre lus

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