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Et voilà le premier titre présenté par les 68 Premières Fois avec les éditions Gaëlle Pingault, pour moi une excellente entrée en matière. Merci pour ce choix et ce partenariat.

Quatrième de couverture :

La trentaine et tout pour être heureux, Alex et Aliénor s'aiment, envisagent de faire un enfant ou deux, et de partir vivre à la campagne, un jour. Mais la Grande Entreprise en a décidé autrement, à coups de réorganisations et de gestion cruelle de la ressource humaine. Nouvelle idole réclamant le prix du sang, elle a ses prêtres et ses victimes expiatoires qui, ne sachant plus comment lutter, abandonnent. 
Entre chagrin et souvenirs, la colère d'Aliénor monte, contre l'entreprise, mais aussi contre Alex, à qui elle n'a pas suffi pour continuer à vivre, et contre elle-même, qui n'a rien vu avant qu'il soit trop tard. Et puis le deuil se fait, Aliénor commence une existence nouvelle, un peu hésitante, un peu bancale. Une seule certitude : face à l'adversaire, il ne faut pas plier. 

Sur cette trame sombre, Gaëlle Pingault dessine une renaissance. Son écriture enlevée réussit à tenir à distance la cruauté du monde et des entités déshumanisées pour laisser à l'individu, seul grain de sable capable de gripper la machine, la liberté de revendiquer son paradis dans cette vie.

Avis et commentaires :

Livre réquisitoire d'une société où la beauté des sentiments au niveau privé se heurte au principe, devenu technique managériale, de la pression psychologique comme écrémage des salariés. Attention on n'est pas ici sur l'énième traité pseudo psycho / sociologique du seul harcèlement moral en milieu professionnel, ce premier roman est une approche et une chronique sensible d'une histoire de couple, dans ses fondations et ses développements avant la tragédie humaine qui bouscule les fondements de la narratrice.

Aliénor, la narratrice, dans un récit sans fioriture ni pathos excessif, revient sur la chronologie de son couple ; de la rencontre, à la naissance des sentiments qui la lie à Alex, aux premiers temps de ce couple de jeunes mariés, à une montée en puissance d'un constat relativement cynique d'une société où violences, incongruités, déshumanisations, excès productivistes et modernistes vont  creuser le lit de la perte de repères de son compagnon et cela même alors que les projets d'avenir (vivre à la campagne, sans le diktat raisonnable du modernisme, un enfant ?) se multipliaient pour un couple à qui tout souriait. Cela d'autant plus qu'Alex va vivre une montée en puissance des vexations puis de la pression psychologique d'un nouveau petit chef au coeur de son service dans une grande entreprise (le lecteur ne manquera pas de faire des rapprochements avec l'actualité récente en France de gros groupes).

Pour Aliénor, c'est là qu'interviennent alors les questions et doutes sur sa propre responsabilité réelle ou non ; qu'aurait- il ou elle faire pour se préserver, se soutenir et les limites de sa propre faiblesse et compréhension ? On aura beau partager ses questions avec la narratrice, un constat d'impuissance ne peut qu émerger. 

Enfin comment faire son deuil, vivre après lui.... Aliénor peut-elle se retourner vers l'ex employeur de son mari, quelle attitude adopter face à la responsabilité accablante de ce groupe sans se perdre,... 

A la fin de ce roman, le lecteur dispose de certaines clés mais reste surtout séduit par la qualité de ce premier roman.

Tag(s) : #Les 68 Premères Fois - Sélection Septembre 2017

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