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Poursuite de cette découverte de la rentrée littéraire de l'automne 2017 grâce à Net Galley et aux Editions Grasset.

Quatrième de couverture :

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Avis et commentaires :

Une lecture sur fond de nombreux commentaires de différentes chroniques de bloggeuses et bloggeurs, pour une large majorité plutôt élogieux. Auteur que je suis depuis de nombreuses années et qui a toujours su me séduire par les domaines investis et son style spécifique.

Une fois de plus, à la clôture de ce roman, je reste impressionné et fan de cet auteur. A la lecture de sa quatrième de couverture, ce n'était pas gagné d'avance, les récits sur la thématique de la vie des mineurs sont nombreux et j'en ai lu beaucoup. 

Ici cela part commençait par une ligne rédactionnelle classique ; un homme poursuivi par le drame d'un frère aîné mineur idolâtré et tué par le grisou, d'un père qui se suicide comme de sa mère morte de chagrin, répétition d'une histoire familiale déjà lourdement soumise au tribut de la mine, dont la mort de son épouse va lui permettre de régler ce qu'il considère comme une injustice, incarnée en la personne du contremaître survivant de l'équipe de son frère. S'inspirant de la tragédie de la catastrophe minière survenue le 27 décembre 1974 à Liévin où 42 mineurs ont trouvé la mort, victimes probables d'un système des Houillères privilégiant le rendement à la sécurité des mineurs, Sorj s'empare de ce point de départ pour dresser le cadre de son roman.

Et on le suit sur cette piste, comment ne pas être sensible aux nombreux drames de la famille Delanet et plus particulièrement à celui du narrateur ; Michel, dernier représentant de ce clan. En admiration totale devant son frère Joseph / Jojo, mécanicien de base mais mineur par nécessité et cela malgré tous les efforts de leurs parents, marqués par la mort d'un oncle, déjà victime de la mine, c'est plus qu'un frère qu'il va perdre. Sorj Chalandon, sans doute conscient que les récits sur ces villes, régions charbonnières et des histoires ou drames humains sont par ailleurs nombreux, n'en fait pas trop pour nous y sensibiliser. Cela reste le cadre indispensable de son récit et pour lui l'occasion de remettre en lumière la force des sentiments unissant des frères, celle aussi de ré affirmer aussi la défiance en la justice des hommes, la fraternité ouvrière et de faire rebondir le récit et toute l'histoire, un art que Sorj dispense à volonté. 

Le lecteur est loin de se douter de la chute du récit, des rebondissements du procès.... et de la vérité. Palpitant et une langue d'une rare justesse.

 

Tag(s) : #NetGalley

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