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Une des premières lectures de la rentrée littéraire de cet automne 2017 / 2018, lu par le concours des Editions Stock via NetGalley.

Quatrième de lecture :

Ce livre, c’est un peu comme un secret que je vais dire à tout le monde. L’histoire d’un engagement que j’ai pris enfant et que je n’ai jamais oublié. 
Nous sommes dans les années quarante. J’ai six ans et je n’ai jamais vu ma mère. Un dimanche de juillet, elle arrive dans une belle Citroën noire et m’emporte en dix minutes. Ma nourrice court dans la poussière blanche soulevée par la voiture et jette son tablier noir sur sa tête. Je grimpe contre la lunette arrière et je lui dis en moi-même : Je te retrouverai, je te le jure. »

Avis et commentaires :

En terme d'entrée en matière, ce court roman s'avère redoutablement éloquent et ciselé. Les secrets de famille, en littérature, ont toujours été une matière insatiable et avec des résultats plus ou moins probants mais ici c'est une lecture qui a fait mouche et ne peut laisser indifférente.

Récit par la narratrice d'une enfance partagée entre une mère nourricière au grand coeur et impliquée sur les  premières années de cette enfant mais aux revenus modestes, la délicieuse Yaya et ce qui semble être sa famille d'origine, bourgeoise, collaborationniste sous Pétain dont la mère supposée va brusquement briser cette alliance et cet amour, pour la faire ré intégrer un cercle qui décidément, n'a pas grand chose à partager. Même si l'enfant a toujours été averti de cette issue, la rupture n'en est pas moins terrible, cela d'autant plus qu'on va lui imposer de ne plus revoir celle qui donna sens et goût à ses premiers années.

Cette blessure qui deviendra sa quête, une fois l'indépendance acquise, va amener la narratrice à établir froidement et sans aucun affect la galerie de portraits de cette famille qui ne pourra jamais être la sienne, et dont on connaîtra la raison principale du rejet de cette enfant à la fin du livre.

Entre un père peu présent, des soeurs totalement dédaigneuses, une belle-mère aux pouvoirs de nuisance infinis, une grand mère méprisante et une mère froide, seules les domestiques semblent avoir un brin d'humanité dans ce récit.

On est là dans un roman à la Lionel Duroy, c'est à une véritable autopsie à charge à laquelle on assiste, ici aussi l'expression " famille je vous hais", mais pas sur les même bases prend tout son sens. Chronique au vitriol de ce milieu inhospitalier, on se demande comment dans un tel contexte, la narratrice peut retrouver un semblant de confiance en elle et pouvoir se construire une vie d'adulte saine ou à peu près....

Cynisme, cruauté, autopsie terrible, cela laisse au lecteur une impression de malaise profond mais ravi de cette découverte d'une auteure inconnue pour moi.

Tag(s) : #NetGalley

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