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Troisième lecture dans le cadre de la rentrée littéraire actuelle après "Une Bouche sans personne" de Gilles Marchand et "Monsieur Origami" de Jean Marc Ceci et de nouveau une superbe lecture.

Quatrième de couverture :

Vincent König est le dépositaire des archives de l'écrivain suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée "factures", il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un "journal de deuil", dans lequel elle a pour la première fois évoqié la mort de sa fille,Louise et l'aberrante "vie d'après" . Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s'y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sour le titre "Vivre près des tilleuls".

Roman sur l'impossible deuil d'une mère, porté par une écriture d'une rare sensibilité. Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d'amour à la littérature : ce récit d'Esther Montandon est en réalité l'oeuvre d'un collectif suisse, l'AJAR. Ces dix-huits jeunes auteur-e-s savent que la fiction n'est pas le contraire du réel et que si "je est un autre" "je" peux aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.

Avis et commentaires :

Un livre de 127 pages que j'ai lu d'une traite tant le récit prend au coeur et aux tripes, n'ayant de surcroît pas immédiatement percuté sur l'identité de ses concepteurs, je suis resté persuadé que c'était bien la publication de pages, jamais éditée d'une auteure décédée.Ce récit intimiste, de la conception,du deuil d'une enfant et la période qui le suit, en traits simples sans fioriture ni pathos excessifs, ne peut que toucher et faire mouche. C'est dire que penser dans un premier temps que c'est du vécu et une transposition d'une femme, auteure de surcoît, qui constitue e livre est tout à fait pertinent. 

Vivre ainsi de l'intérieur d'un couple, touché par la grâce puis par l'incompréhension, voire la désertion et le retour à une certaine solitude sociale est tout simplement exceptionnel. Outre la vision que le lecteur a, très clairement, de la petite Louise, les sentiments partagés d'une attente de l'enfant, de son arrivée, de ses premières années au sein du couple mais aussi de passerelles entre les parents d'Esther et sa propre histoire, tout est parfaitement rendu en mots justes. Ce récit des sentiments, pensées, attititudes par rapport aux apparences qu'il faut sauver ou entretenir à chaque phase est tout simplement troublant et plus qu'attachant.

Des chapîtres courts, l'essentiel à chaque fois, une écriture fluide et talentueuse, tout concourt à faire de ce récit un grand livre.

Tag(s) : #Les 68 premières fois

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