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Ultime lecture de cette belle opération. Ma seule déception.

Quatrième de couverture :

La prison dans laquelle est enfermée arbitrairement Linz et dont Boehm est l'illustre directeur existe-t-elle ailleurs que dans l'imagination de F, faux détenu et agent infiltré du tout - puissant ministère des Libertés et des Privations Publiques ? Les exercices de "lecture contrainte" auxquels l'Administration soumet les prisonniers rendent-t-ils le lecteur complice d'un jeu redoutable où les espaces se dédoublent et les identités se confondent ? Telles sont, parmi d'autres, les questions qui affleurent à la lecture de ce récit labyrinthique qui navigue avec brio entre Borges et Kafka, et dont  l'imaginaire tourmenté n'est pas sans évoquer les troubles constructions de David Lynch.

Car, à travers une succession de mises en abyme savamment orchestrés, l'auteur nous offre ici, dans un style d'une élégance acérée, un implacable vertige textuel qui, tout en dévorant les personnages de l'intérieur, dessine en filigrane la métaphore du livre comme clotûre paradoxale, propice aux évasions du rêve et de la fiction.

Avis et commentaires :

Adeptes des sociétés de type répressif, carcéral et « kafkaïen », vous allez être comblés si vous arrivez à cerner l’objectif poursuivi par l’auteur et à établir l’identité et le rôle des personnages. Autant le dire, ce roman, la dernière page tournée, est pour moi une énigme et j’ai du sérieusement m’accrocher pour aller à son terme.

C’est en plein cauchemar que le lecteur va se trouver plonger dans cet univers, dont on n’arrive pas distinguer le vrai du faux, les menteurs, les personnages réels, les récits originaux. Description à charge d’un monde où la violence a totalement disparue, en dehors du monde carcéral et où l’on détecte dès l’enfance les individus potentiellement nuisibles ou dangereux. Seule la carrière dans le domaine carcéral, soumis à une continuelle pression qu’elle soit politique, sociétale et concurrentielle entre chacun de ses cadres, semble être, ici, la plus courue et enrichissante.

·         On ne peut pas parler de véritable trame ou fil conducteur dans ce récit choral de détenu, de directeur, de surveillant et de politique. Trois interlocuteurs sont ici les narrateurs de ce récit et constituant chacun une partie de ce livre. Entre les témoignages de Linz, Boehm et un mystérieux F, c’est un jeu de pouvoirs, de violence mentale et physique qui s’installe dans cette prison qui est le cadre principal du roman, successivement prisonnier, directeur, gardien. Les objectifs et tests entrepris dans ce seul cadre sur les captifs se multiplient, se contredisent, les alliances se nouent pour mieux se dénouer, le Ministère de la Justice se joue de chacun en se montrant tel qu’un marionnettiste, utilisant les uns contre les autres pour mieux annihiler les tentatives de prise de pouvoir.

·         Critique en bonne et due forme d’un système où les fonctionnaires de justice ne sont que des pions et le bras armé du pouvoir. Mieux diviser pour régner est la seule règle mise en place, on n’est pas très loin des dérives et institutions des anciens modèles politiques communistes et totalitaires. Kafka ou « Z » restent à l’esprit du lecteur. Le seul centre de formation de ces fonctionnaires carcéral dispense cette unique maxime.

·         Les personnages repris sont multiples, on ne sait plus vraiment qui ils sont et avec la meilleure volonté possible, on ne peut que se perdre dans les arcanes du récit, le jeu des identités, les faux témoignages, un rythme échevelé de changement de main du pouvoir et les vrais / faux journaux de bord.

Louable mais vaine tentative de mettre en perspective l’horreur d’un tel système politique totalitaire. J’ai le regret de confirmer que je suis passé totalement à côté de ce livre.

Tag(s) : #Les Explorateurs de la rentrée 2014 avec Lecteurs.com

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