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a lancé courant juillet un recrutement de lecteurs "Les Explorateurs de la Rentrée" pour une lecture de 5 à 6 ouvrages de la rentrée littéraire 2014 en avant - première, j'ai eu la chance de pouvoir en faire partie.

Nouvel avis sur un de ces livres.

Quatrième de couverture :

Un été, au hasard de ses déambulations new-yorkaises, Line découvre dans un musée l'existence d'Albert Dadas, premier cas, au XIX e siècle, de "tourisme pathologique". L'histoire de ce fugueur maladif, sans cesse jeté sur les routes par son impérieuse soif d'ailleurs, fait remonter en Line d'autres souvenirs, liés aux "voyageurs malgré eux" de sa propre famille : Thinh, l'oncle si étrange, Hoai, la cousine disparue et surtout, son père. Cet homme bousculé par l'Histoire, cet immigré aux vies multiples qui a longtemps gardé le silence. Grâce à Line, il va enfin partager les secrets de son enfance.
En naviguant entre mémoire familiale et mémoires collectives, Line déterre le passé et entrecroise les destins de quelques exilés de notre siècle que la misère, la guerre ou la folie ont conduit à errer entre deux rives. Et le roman rend hommage à tous ces déracinés de la plus belle façon qui soit : en les faisant revivre.

 

Avis et commentaires :

Un roman à caractère biographique, un roman habité, un docu - fiction ? Difficile de le définir arrivé à la fin de ma lecture. En tout cas une idée de base des plus originales qui naît dans l’esprit de la narratrice, la jeune Line pour lier en deux chapitres majeurs (les allers en première partie, les retours en seconde) le destin véritable d’un ouvrier gazier français du siècle dernier , Albert Dadas, première victime reconnue d’un diagnostic de fugueur pathologique dont les fuites et les pérégrinations à travers toute l’Europe lui sont totalement involontaires, celui véridique également d’une jeune athlète somalienne, victime politique et raciale ; Samia Yusuf Omar au parcours olympique fulgurent mais présumée morte dans une dernière fuite sur un bateau de réfugiés ayant sombré, tous les deux sur le départ continuel aux histoires de membres de sa propre famille, victimes politiques (conflit vietnamien), malades et surtout à un père qui n’a jamais insisté pour partager son histoire, à l’heure où la maladie lui fait perdre toute mémoire.

      En tout cas une découverte passionnante et sensible pour moi, transporté par les destins d’anonymes mais si humains et remarquables

·         Trame et personnages :

C’est au hasard d’un voyage professionnel à New York en août 2012 que notre narratrice d’origine vietnamienne mais de nationalité française, très proche de son père, découvre les histoires véridiques d’Albert Dadas puis de Samia Yusuf Omar, deux itinérants involontaires ou condamnés à la fuite et au départ. Ces destins plus ou moins tragiques l’amènent à les rapprocher des bribes de vie récoltées auprès de son père des parcours de certains de ses proches comme de ce dernier, volontairement discret voire secret sur son passé. Ce sont tous les sursauts que connut le Vietnam et les récits de vie plus ou moins heureux de son peuple, soumis aux aléas des conflits, des systèmes politiques et des colonisateurs.

Ainsi Lise va-t-elle présenter à ses lecteurs, l’oncle Thinh à l’esprit perdu, la cousine Hoai au destin tragique que la chute de Saïgon va séparer de son amour le jeune Nam alors qu’elle est enceinte, le père adoptif du père de Line, le Juge Tam et son frère Bao séparés par la fragmentation du Vietnam mais aussi le meilleur ami du père de Line , Linh, qui vaincu par la nostalgie et le manque du pays maternel choisit l’engagement politique au Vietnam tragique plutôt que la France qui lui offrait sa naturalisation.

Et enfin, alors que la narratrice avait eu tant de mal à reconstituer l’histoire de son père qui ne voulait pas se dévoiler, les pages déchirantes du journal de ce dernier, dernières pièces d’un puzzle dont le lecteur suit la constitution avec le plus grand intérêt, alors qu’il se sait atteint de la maladie d’Alzheimer.

·         Contexte et véracité du récit :

C’est sans mal que l’on suit l’évolution du récit tant l’histoire du siècle dernier du Vietnam nous est prégnante. Les histoires d’Alfred Dadas et de Samia Yusuf Omar sont véridiques. On ne peut donc que reconnaître à ce livre et son caractère romanesque, documentaire et son fondement historique.

·         Sentiment global au terme de la lecture :

Jamais le thème du voyage contraint (notion antinomique à notre époque) n’a été abordé sous cet angle et la qualité, la sensibilité, la précision et la concision m’ont convaincu et emballé. Les récits sur l’histoire récente du Vietnam et de son peuple ne manquent, certes pas, mais là encore l’angle choisi est pertinent, instructif et on est porté par ces histoires de vie.

Tag(s) : #Les Explorateurs de la rentrée 2014 avec Lecteurs.com

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