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Le forum « Au Coeur de l’Imaginarium » au cours d’un récent partenariat m’a permis de découvrir un écrivain canadien d’origine écossaise Robert Barr et les deux premiers volumes d’un de ses principaux héros ; Lord Stranleigh Comte de Wychwood.

Deux volumes (entre 210 et 286 pages chacun) qui permettent de dresser le portrait de cet hyper millionnaire anglais aussi riche qu’il est intelligent à travers différentes aventures où la finance, le monde des spéculateurs escrocs voient se dresser dans le plus grand pacifisme, le pure réflexion un homme d’une très grande richesse qui va utiliser son intelligence et sa fortune pour des causes qui lui paraissent justes et souvent au profit d’amis ou de familiers et ainsi rétablir une certaine moralité.

Cet homme est donc Lord Stranleigh, un mélange de Phileas Fogg (pour la partie confrontation avec ses semblables fortunés), Robin des Bois (pour le soutien aux moins chanceux) et de Sherlock Holmes (pour sa capacité à prévenir les pièges à l’avance), bref un remarquable joueur d’échec par sa pensée. Et pourtant cela ne se devine pas quand on le rencontre pour la première fois ; toujours tiré à 4 épingles, un visage placide, un tempérament nonchalant, des habitudes de lord rentiers, un jouisseur « so british club » (les mets  et les vins les meilleurs, le tout servi par son propre personnel), foncièrement pacifique, dont les rentes sont gérés par une armée de commis, étonnamment étranger à l’argent et à la valeur des choses ; en un mot un dandy un rien imbu de lui – même.

C’est à la lecture de ses aventures (8 majeures sur ces deux premiers volumes) que le lecteur le découvre sous une personnalité, certes parfois agaçante par sa suffisance mais géniale par ses idées, la prévention des pièges de ses opposants et sa capacité à retourner les stratagèmes financiers, juridiques ou spéculatifs d’un monde de la finance particulièrement tordu.

Ce sentiment est partagé par Peter Mackeller, jeune ingénieur de talent mais rompu au marché des changes, que l’on retrouve à deux reprises ; dans la reconquête de terres aurifères en Afrique Occidentale avec le soutien de Stranleigh qu’un groupe de financiers britanniques escrocs lui a volé comme dans le soutien commun à la jeune fille dont le père inventeur d’un frein de secours pour les locomotives se retrouve spolié de son invention par le plus grand propriétaire de chemins de fer nord américains. Autant Mackeller, irlandais impulsifs, prêts à se battre et à se lancer à corps perdus agit sans réflexion est vindicatif, autant Stranleigh est pondéré, pragmatique et peu enclin à la violence voir au combat inutile.

C’est en s’appuyant sur les mêmes stratagèmes, une certaine roublardise et un sens de la rhétorique que Stranleigh va ainsi sauver un simple boutiquer face au  gros propriétaire de grand magasins, doter ses ouvriers agricoles de cottages convenables en retournant les arguments juridiques de la commune abritant ses maisons, sauver la Banque d’Angleterre de la faillite pour renforcer ses fonds propres suite à une décision politique supposée souveraine, remporter le bras de fer contre la plus grosse compagnie de chemins de fers américaine alors qu’elle comptait spolier l’invention d’un frein de secours révolutionnaire et intervenir avec succès dans un enlèvement qui ne dit pas son nom ou dans la spoliation d’un titre de duc d’un vieux pêcheur.

L’ensemble de ses récits est inscrit dans une certaine tendance burlesque, sans actes de violence, crime et autres meurtres sordides. Intelligence, bon usage de sa fortune, capacité unique à gérer sa fortune, à comprendre et détourner les règles de la finance, de la législation, sens des valeurs, une certaine morale sont déployés avec force par Lord Stranleigh et le tout dans le respect de sa nonchalance et des ses habitudes.

 

Si Robert Barr vécut, à cheval entre le dix neuvième siècle et le vingtième siècle, il m’est permis de penser qu’il paraît furieusement tendance à l’heure actuelle, par la thématique de la spéculation financière, au cœur des 2 volume lus ; « Lord Stranleigh – Les aventures de Lord Stranleigh  Vol 1 » et « Lord Stranleigh Millionnaire – Vol 2 » . Ainsi peut-on facilement retrouver dans ces aventures la crise économique, morale et financière de notre propre époque, l’ombre du FMI, des règlements européens définis parfois à l’encontre de certains de ses membres. Les crises spéculatives et sociales dans lesquelles nous sommes plongés depuis plus d’une quinzaine d’année trouvent furieusement et étonnamment écho dans ces récits de Robert Barr. 

Tag(s) : #Partenariat Au coeur de l'Imaginarium

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