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Nouvelle initiative du forum Libfly pour accompagner le "relookage" de la collection de La Cosmopolite de la maison Stock. Trois livres mis au partage et sans la connaître vraiment (et pour cause c'est son premier livre) c'est "Le bruit des autres"  d'Amy Grace Loyd dont la thématique m'a le plus séduit.

Merci à Libfly et à Stock pour cette lecture.

 

Quatrième de couverture :

 

Depuis ma mort de son mari, Célia tient le monde à distance. Propriétaire d'un immeuble à Brooklyn, elle a choisi ses locataires pour leur discrétion. 

Puis il y a l'arrivée de Hope, une belle femme un peu perdue, fuyant un mari infidèle. Lorsque Hope entame une liaison dangereuse et qu'un de ses locataires disparaît soudainement, Célia voit ses murs vaciller. L'équilibre précaire qu'elle était parvenue à construire vole en éclats et l'oblige à sortir d'elle même.

Amy Grace Loyd ausculte le bruit des autres à travers les murs d'un brownstone et guette les désordres les désirs de ce petit monde. Une exploration sans tabou du deuil, du sexe et des petits arrangements avec la vie dans un New York voluptueux et brûlant.

 

Avis et commentaires :

 

Récit et chroniques au quotidien d'une seule narratrice ; Celia Cassil, jeune veuve rentière dont l'immeuble offre une série de portraits plus ou moins cocasses et dont le quotidien commun plutôt routinier et étouffé va se trouver bouleverser par deux évènements arrivant simultanément.

En effet Célia, jusque là seulement taraudée par le seul manque qu'engendre son veuvage récent et ayant mis en pratique la seule règle qui lui importait pour la gestion des relations entre ses locataires et elle ; le respect de la vie de chacun et la discrétion absolue.

Première partie de ce récit consacrée à la mise en place des acteurs de l'immeuble; à priori des personnages attachants comme Georges, l'homosexuel instruit ou M Coughlan, retraité de la marine marchande et d'autres plus intrigants comme le couple formé par Angie et Mitchell. C'est aussi les dernières images d'un mari agonisant et d'une jeune femme dépourvue de repères sentimentaux et d'une sexualité étouffée.

C'est alors que M Coughlan, vieil homme nostalgique de ses traversées en ferry dont il était capitaine mais déjà victime des prémices de la sénilité et que Célia entretient par bonté, disparaît sans laisser de traces. Quasi simultanément, Georges décide de laisser provisioirement l'appartement qu'il loue à Célia pour le sous-louer à Hope, une mère de famille célibataire au parcours difficile et sous l'emprise du très brutal Les.

C'est alors que s'opère un véritable bouleversement dans la perception de Celia de sa relation avec ses locataires ; elle part à la recherche de M Coughan, explore les appartements de chacun et mène son enquête sur les petits secrets de chacun d'eux. Un déclic surprenant faisant passer Celia d'un état quasi contemplatif et introverti à celui d'une véritable inquisitatrice, n'hésitant plus à dire son fait à chacun, tout particulièrement à Hope, sa nouvelle locataire, dont la relation violente entretenue avec Les l'insupporte et l'attire tout à trac. Elle s'interpose alors dans ce lien toxique, se rapprochant d'Hope et de son grand fils, trop probablement pour l'un comme surtout pour l'autre, cette insaisissable Hope.

C'est à une étude au scalpel que se livre Amy Grace Loyd à travers Célia; à la fois sociologique, humaine et féminine. Une plongée dans l'âme de son héroîne, de ses tourments, de la nature des relations sexuelles (à la fois hétéro et homosexuelle)t et dans les échanges de la micro - sociéte abritée dans cet immeuble ; des secrets, des tourments et de petites histoires. 

C'est aussi un témoignage sur la solitude humaine au sein de ces grandes cités américaines mais aussi sur les solidarités qui peuvent s'ébaucher.

 

Tag(s) : #Partenariat Libfly

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