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Date de RDV le 6 Juin 2014...

 

Belle initiative de sophie sur son blog....

Sur son blog un thème autour de la Seconde Guerre Mondiale :http://lesbavardagesdesophie.wordpress.com/author/lesbavardagesdesophie/

 

"La Mort est mon métier" de Robert Merle :

 

 

Quatrième de couverture

 

Le reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...

-Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.

Il fit une pause et ajouta :

- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.

Je le regardai. Il dit sèchement :

- Vous avez l'air effaré. Pourtant l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.

- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi....

 

Avis et commentaires

 

 A la fin de la lecture de ce livre, je suis tenté de "rebondir" sur la dernière phrase reprise sur la quatrième de couverture en disant "pas nous".

 Ce portrait de plus 370 pages est un chef d'œuvre glaçant, le portrait d'un très haut fonctionnaire du génocide et du crime contre l'humanité (notion pénale qu'a crée ce massacre organisé, cette épuration), ne considérant sa mission de mise en place des camps de concentration voulus par Hitler et les nazis, que sur le seul aspect technique, rentable et la crainte de ne pas entrer dans les chiffres et les objectifs attendus. 

 Le parcours typique de ces milliers d'allemands qui idolâtrèrent Hitler, celui d'un homme (cette simple notion soulève le cœur appliqué à Rudolf le principal personnage de ce livre), orientés dés la naissance par leur parent (profondément heurtés dans la chute de l'infaillibilité de leur nation à l'issue de la première guerre mondiale) et profondément revanchards et haineux.

 Une famille menée à la baguette (au fouet devrais-je dire) par un père issu d'une famille prestigieuse de militaires dont les seules motivations sont la Discipline, l'Ordre, la Religion Catholique et qui considère que son fils aîné doit payer de sa personne, la faute que lui-même a commis en France en trompant son épouse et ses valeurs avec une femme française. Un malade psychorigide qui ne pouvait que précipiter son fils Rudolf dans la face la plus sombre de ces petites mains qui portèrent Hitler au pouvoir et le suivirent aveuglement dans sa haine génocidaire.

 Rudolf, dès l'enfance, se distingue par son côté précis dans l'exécution de toutes les tâches qu'on va lui confier. Un homme, blessé par la défaite, totalement rigide et dont l'unique attente est le respect des ordres données. L'Ordre doit régner et il n'y a pas d'autres possibilités ni alternatives.

 Rejet de toute sociabilité, de tout sentiment humain et pour lequel l'amour des autres, d'une éventuelle femme et de soi même ne peuvent passer qu'après la réussite des tâches et ordres donnés. Il va suivre toute l'évolution du parti National Socialiste, obscur tâcheron,  puis par son implication sans ciller dans les postes qu'on lui confie, un des fonctionnaires les plus zélés de la Solution Finale.

 Un malaise permanent tout au long de ma lecture et qui perdure devant cette horreur calculée, testée et expérimentée avec succès. Un homme aussi froid, aussi décidé et que rien n'atteint dans l'horreur quotidienne des réflexions puis des mises en place de toutes les techniques d'élimination physique et porté à un niveau industriel, ne peut pas laisser indifférent, surtout quand on sait que Robert Merle s'est inspiré de faits historiques prouvés.

 Emotions, dégoût devant un tel mépris de la vie des autres, on est ici dans la droite ligne de livres qui ont été publié par la suite comme "Les Bienveillantes". Un choc, une lecture qu'il faut compléter par celle de livres comme Primo Levi, Malaparte entre autres.

 Un ouvrage qui devrait être obligatoirement lu dans nos écoles pour ne jamais revenir à une époque aussi inhumaine

 

"Les Conversations" d'Anna Lisbeth Marek :

 

 

Quatrième de couverture :

 

"Je suis une vieille qui vacille, totubante et méchante, tordue par la douleur, sans doute. Je ne sourcille pas, je bouge à peine. Hébétée, j'ai comme un premier pied dans la tombe. Je distribue cà et là des sourires perdus et las, parfoi mes traits tendus deviennent cruels, il faut dire que je suis invivable depuis la maladie d'Henri et l'on peut bien me comprendre. La souffrance et lamort qui rôdent dans la maison depuis un an m'ont rendue toujours plus morne et grinçante. Toujours plus vivante en somme, voici une année que cela dure, Prune, et tout s'est achevé cet après-midi"

Au retour de l'enterrement de son mari, Magda, submergée par une rage sourde plus que par la peine, regarde avec dureté la petite troupe rassemblée chez elle après la cérémonie . Comme une obsession, le récit intérieur émerge, les souvenirs se bousculent.
Ceux de l'enfance et de la jeunesse aux côtés de Prune, l'amie de toujours, dans le Paris des années trente. 

Leurs deux familles réunies, l'insouciance et la joie de vivre, les incompréhensions et les déconvenues, aussi. Puis c'est la guerre et l'Occupation. Et la vie d'après. Au fil du récit, l'image du père de Magda se fait omniprésente ; un père qui choisit, après la guerre, de se murer dans le silence. Que s'est t'il passé que Magda n'a jamais su ? Sur quels non-dits et quels décombres a-t-'elle dû construire sa vie ?

 

Avis et commentaires :

 

Un très beau roman par lequel il faut se laisser porter par de multiples facettes ; le témoignage de ces années trente et de son bonheur, la montée des périls, l'Occupation, la déportation et les camps de la mort puis l'après guerre, tout cela porté par le récit de Magda, professeur de musique à la retraite et qui choisit la date de l'enterrement de son époux  avec la découverte de deux lettres  graves et tragiques pour narrer toute sa vie ou presque au rythme de l'amitié, d'une quasi sorité avec Prune, de l'évolution de leurs liens se délitant avec la déportation et la mort de cette dernière (parce que juive), de deux familles fusionnelles et complices  et la poursuite de sa vie après ce choc.

Long témoignage sur la construction de deux enfants puis deux adolescentes, sur la création de lien essentiel et vital, sur ce qui va les rapprocher quasi fusionnellement puis les orienter de manière plus différente mais toujours en une empathie totale.

Vivre le quotidien de ces deux familles si proches, si complices, celle de Prune et celle de Magda aux religions différentes et suivre l'évolution de la société française et de Paris à travers la vie quotidienne de 1930 à 1945, la montée des extrêmes, de la collaboration et la recherche de ce qui s'est produit en novembre 1942 alors que tout était prêt pour la fuite de la famille de Prune et que c'est tout le contraire qui se produit.. On y découvre une grande complicité entre ces deux filles et le contraste entre Prune s'engageant dans l'action politique aux pires heures de l'histoire de France alors que Magda en est si distante. Les deux familles vont finalement bien représenter une partie de la société française durant cette époque, opposées par conviction ou par obligation à la collaboration endossée par une partie majeure de la communauté nationale.

Vivre aussi et tenter de comprendre ce que cette fracture et ce choc de novembre 42 a provoqué chez Magda, se reconstruisant avec difficulté en épousant Henri, lui-même dernier survivant de sa famille décimée par la guerre, et chez ses parents se refermant sur eux-mêmes pour essayer de comprendre. Ce n'est qu'à la fin du livre par la découverte de deux lettres que les masques tombent et que nous trouvons, comme Magda, des réponses à ses questions, sa déchirure.

Livre de grande qualité, témoignage historique et témoignage humain, écrit avec talent et sensibilité, sans pathos excessif

 

Mais aussi dans ce cadre ;

 

 

Quatrième de couverture

 

Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald, la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.

Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.

Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand - père. Peu à peu se met en place l'autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n'évoque l'existence. Et c'est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l'ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison  entre David et VIrginie entraîna.

Au cours de sa quête à travers la France et l'Allemagne dans la nouvelle vie qu'il tâche d'inventer avec une Allemande qu'il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu'on ne se débarrasse pas si facilement du passé - ni du sien, ni de celui de sa famille. Lorsqu'on remonte à l'origine de la violence, c'est sa propre violence qu'on finit de rencontrer.

 

Avis et commentaires :

 

Encore un livre de grande qualité de cet auteur qui va retranscrire ici la véritable histoire des origines d'un jeune professeur qui va voir tous ses repères généalogiques des deux dernières générations simplement exploser.

Qu'une simple photo, assez ressemblante à son propre père, d'une des victimes du médecin de Buchenwald puisse entraîner de tels bouleversements intimes et familiaux, le jeune professeur Fabre ne pouvait l'imaginer. Avoir vécu plus de 30 ans au sein de cette famille, qui n'a jamais révélé le moindre mot sur les réeelles origines juives du père du narrateur....

Cela va donc l'amener, en véritable détective à se plonger sur les origines et l'histoire des deux familles ; Wagner (celle du jeune homme de la photo) et Fabre (celle que le narrateur a toujours connu). Entre les origines juives et modestes des Wagner et celle plus confortable et aisée des Fabre, rien n'aurait dû les faire se rencontrer, si ce n'est la volonté et l'orgueil de David Wagner de dépasser sa trop modeste condition pour accéder à celle qu'il envie à la haïr des Fabre par le mariage et hélas par aussi l'infidélité...

Trop occupé à s'élever et à quasiment voler sa belle soeur, Virginie Fabre, à un mariage que ni l'un ni l'autre n'apprécie, ce n'est que trop tard que l'arrivée des nazis et la déferlante antisémite qui s'en suivit. 

Vengeance, trahison, déportation, destin de deux mileux diamétralement opposés et plus heureux sous l'occupation et durant toute la seconde guerre mondiale.

Un beau livre de suspense en pleine débâcle et au coeur de cette période tragique.

 

Tag(s) : #D- Day 1944

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