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Partenariat avec le forum "Have a break, have a Book" et les Editions "Entre 2 Terres" que je remercie pour cette découverte.

Quatrième de couverture :

Le capitaine Korolev, inspecteur de police à Moscou en 1937, savoure la visite longtemps attendue de son fils Yuri. C'est alors qu'un éminent scientifique est abattu, à proximité du Kremlin. Le soir où l'enquête est assigné à Korolev, Yuri disparaît et la mère de ce dernier n'est plus joignable. Malgré son inquiétude, Korolev poursuit ses investigations. Mais où qu'il aille, il est devancé et les documents qu’il cherche, raflés. Korolev comprend qu'il est au cœur d'un combat entre deux factions rivales de la police secrète, le NKVD. Pour découvrir la vérité, il lui faudra suivre la piste des enfants de l'Etat, ceux qui disparaissent sans laisser de traces.

Avis et commentaires :

Impression générale :

A l’issue de cette lecture, j’avoue avoir été séduit par le contexte dans lequel, William Ryan fait évoluer l’inspecteur Korolev ; à savoir une période charnière pour l’URSS ; Lénine mort en 1924, le Secrétaire Général du Parti Communiste de l’URSS ; Joseph Staline est en pleine puissance avec la multiplication des purges à tous les niveaux comme celle des déportations et cela grâce à la toute puissance de la NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires Intérieures) véritable police politique. C’est peu dire que les temps étaient à la suspicion, la précarité des simples citoyens soumis à une misère quotidienne et que la milice dont est issu Korolev est au bas de l’échelle.  Déjà planent les ombres de Gorski, Trotski et du terrible Beria et les luttes fratricides des dignitaires de ce régime. On sait que soumis à toutes ces pressions parfois antagonistes, avec en plus la disparition de son fils et de son ex femme, Korolev aura bien du mal à conserver une certaine sérénité.

On est bien dans un schéma et un contexte politique à part et radicalement original par rapport au monde du polar et du suspense. La vie quotidienne des soviétiques est parfaitement rendue ici que ce soit pour les problèmes d’approvisionnement, de logement, de vêtements, les victimes le plus souvent d’une pensée politique sanguinaire et dictatoriale (dénonciations, méfiances, suspicions…)

L’enquête dans laquelle est plongée Korolev est assez bien menée avec un certain sen du suspense et du rythme, 2 meurtres différents dans leur exécution et dont on ne découvre les mobiles et la variété des assassins qu’au fur et à mesure de notre lecture. Intérêt du lecteur constant.

En ce qui concerne l'histoire et les personnages en tant que tel :

Le personnage central du livre ; Korolev, n’a pas le profil du héros sans peur, aidé par une police scientifique quelconque, on est en 1937, les moyens sont rudimentaires et il faut une bonne dose de bon sens et d’observation pour étoffer son enquête.  Il n’est pas soumis qu’à une seule hiérarchie, au contraire, la Milice si elle est crainte par le peuple n’est pas considérée sous le meilleur aspect par le seul pouvoir policier et politique la NKVD et c’est donc elle, à travers les colonels Korolev et Zaïtsev, qui tout deux luttent pour la place de l’autre, qui vont par des moyens peu avouables, manipuler, orienter et terroriser Korolev tout au long de son enquête. Il est aussi le père du jeune Youri (parfait petit pionnier communiste) et vit séparé de la mère de son fils en partageant son appartement, selon les critères de l’époque et du régime). Ces deux proches seront d’ailleurs autant de leviers (arrestation arbitraire, disparition) pour que Koralev dirige son enquête, assisté / surveillé par un adjoint issu de la NKVD selon les résultats attendus.

 Les victimes, les professeurs Azarov et Shtange sont pour le premier le patron d’un institut pseudo –scientifique dans l’éducation et l’orientation politique  de l’individu et pour le second en charge de vérifier les théories, financements et méthodes du premier. Leurs épouses respectives sont aussi centrales dans ce récit. Toute cette petite communauté de privilégiées (hébergés dans de luxueux appartements) vit à l’ombre du Kremlin et est plus que choyée (même provisoirement au gré des changements politiques) par le régime communiste. Azarov est le portrait type du « salaud » par son arrivisme, son sens de la dénonciation mais aussi ses méthodes radicales de traitement des adversaires du régime et  d’éducation scientifique des futurs petits socialistes du régime. Shtange peut paraître plus sympathique puisqu’en totale opposition à Azarov même si ses motivations et leurs motivations communes restent à la botte de la NKVD et du régime autoritaire.             

Si les motivations pour assassiner ces deux hommes ne manquent pas (argent, influences, femmes,  vengeances, haines), le lecteur avec Koralev va surtout découvrir que ce sont les travaux et le traitement médical et scientifique appliqués, sans nul autre état d’âme que de servir le Parti, Staline et la NKVD qui sont les déclencheurs plus ou moins directs de cette succession de meurtres. Toutes les pistes sont possibles.

Enfin un autre élément et véritable communauté de ce livre ; celui de l’ancêtre de la maffia russe et les enfants orphelins ou issus des éléments jugés anti socialistes, véritable victimes d’Azraov. L’alliance de Koralev et de ces derniers permettra de nous livrer toutes les clés de cette enquête

En ce qui concerne le corps du livre :

Livre très bien présenté en 56 chapitres courts et aérés. Indispensables aussi les parties reprenant l’index des personnages (réel ou fictifs), les sources et cadres ayant servi à William Ryan de bâtir son intrigue ainsi que la part des choses réelles ou non reprise dans ce récit.

Une écriture claire, précise et un sens certain du suspense, une fois plongé dans cette lecture, je n’ai pas pu m’arrêter avant les dernières pages. Du factuel, du suspense, une base solide et documentés, un fond historique réel et relativement inédit (dans le genre je ne connais que Tom Rob Smith avec « Enfant 44 ») ce sont les éléments qui portent ce livre.

Paysages, véracité historique et personnages :

S’il n’y avait pas ce cadre historique et politique réel avec un certain équilibre entre personnages ou faits historiques (Staline, Molotov, Beria, Iejov), le contexte économique réel des années 37 en URSS, de véritables faits sociologiques (famines, une population démunie) et des détournements scientifiques (lavages de cerveau, traitements électriques, tortures), ce récit n’aurait pas de raison d’être aussi prenant pour le lecteur.

Tag(s) : #Partenariat Forum Have a Break Have a Book

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