Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Quatrième de couverture

 

" Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c'est mieux ppour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D'accord ?

- Je ne sais pas.

- Si tu dis oui c'est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

- Pourquoi tu fais ça ? Qu'est-ce que tu veux ?

- La même chose que toi. Une raison de vivre. "

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve commeune anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténébres. dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie , la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l'histoire n'a pas encore eu lieu et qui compte du poids de l'ignorance dans nos trajectoires individuelles.

 

Avis et commentaires

 

Après avoir pu découvrir, avec un malaise certain devant l'horreur et l'innommable de cette époque, les textes de Primo Lévi, Jorge Semprun, Elie Wiesel, Art Spiegelman ou Martin Gray mais aussi l'avoir vécu à Auschwitz, ce nouveau récit par les échos que m'en fait la blogosphère ne pouvait que susciter ma volonté de le découvrir à mon tour.

Je retrouve ici le style spécifique de Valentine Goby ; des phrases fortes, lapidaires, un style hâchés qui plaît ou non mais qui marque. L'histoire ou les histoires, c'est autour de Mila que nous le suivons, jeune femme naîve arrêtée et déportée alors qu'elle est enceinte, sans vraiment comprendre ni son état ni l'enfer vers lequel elle allait entrer.

Toujours sous forme de traits vifs, d'images et de descriptions incisives, Valentine Goby nous transporte dans un monde où tout n'est que violence, désespérance mais espoirs aussi, celui de l'enfant à naître et pour lequel il faut survivre, celui d'une solidarité entre femmes pourtant réduites à de simples numéros tatoués et à une fin inéluctable à court et très court termes, compassion, soutien, débrouillardise entre elles et vers les plus faibles.

Puis il y a cet oasis incongru, enfer un peu moins dur, celui de la nurserie où tout manque, où la mortalité est une constante et où comble du sacrifice, des femmes ayant perdu leur bébé, offre leur lait aux autres nourrissons pour essayer de sauver ceux des autres, pour quelques heures, quelques jours et peut- être jusqu'à la délivrance du camp en cette année 1944 où les allemands connaissent le début de la chute.

Forte cette image où des femmes laminées, malades vont tenter de se sauver les unes avec les autres, par le partage des biens restants, des médicaments, de la nourriture et tout simplement de la chaleur corporelle pour entretenir l'espoir.

Vous l'aurez compris, ce livre est un coup de poing, un coup de coeur, désespérant quant à la nature humaine mais paradoxalement un témoignage indispensable et entretient tout de même un semblant d'espoir dans une petite part de l'humanité, de notre humanité.

 

 

Tag(s) : #Challenge 1 Pour Cent Rentrée Littéraire Automne 2013

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :